A Paris, dans les locaux de la Banque mondiale, Kinshasa et Washington ont lancé, lundi, le Comité de coordination du projet Grand Inga.
C’est la suite directe de l’accord stratégique de décembre 2025 entre la RDC et les États-Unis.
Sur place, la question qui revient depuis vingt ans a été posée frontalement au ministre des Finances : Inga, barrage des miniers ou des Congolais ?
La réponse de Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, qui a participé aux travaux de Paris aux côtés du VPM de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, et du ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, Aimé Sakombi Molendo, a été claire :
« Suivant les instructions du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, Inga est un projet de souveraineté nationale. C’est un projet du peuple », a-t-il déclaré.
L’objectif, a insisté l’Argentier national, n’est pas d’exporter essentiellement de l’énergie, même si cette option reste explorable selon lui.
La priorité, a-t-il affirmé, c’est d’abord la demande nationale, puis le partage de la prospérité à l’échelle du continent.
Sur la façon de financer ce méga-barrage, le schéma commence à se dessiner.
« Le modèle de structuration qui est envisagé à travers les premières études préliminaires nous projette à une structure basée sur les travaux de génie civil communs qui seront majoritairement financés par l’État pour permettre à celui-ci de garder la souveraineté du projet », a expliqué Doudou Fwamba, laissant entendre que c’est la condition posée par Kinshasa pour ne pas perdre la main sur l’ouvrage.
Le reste, c’est-à-dire la production d’électricité elle-même et les lignes de transport, serait entièrement ouvert au secteur privé. Quant au bouclage de ce montage, il est attendu pour le mois de février.
« En février, nous allons finaliser la structuration pour voir la composante production énergétique et la composante ligne de transmission pourraient être entièrement laissées au secteur privé », a indiqué Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi.
Pour porter sa part, l’État ne sera pas seul. Le ministre des Finances a évoqué l’appui de partenaires bilatéraux et multilatéraux, avec des mécanismes de garantie de la Banque mondiale via la MIGA et de la Banque africaine de développement (BAD).
Et pour convaincre les privés de venir, un texte est déjà sur la table au Parlement.
« Il y a une loi en examen au Parlement pour donner un certain nombre d’avantages et d’incitations fiscales, mais aussi des garanties permettant d’attirer plus d’investissements privés dans le cadre de ce projet qui va être mis en œuvre dans une approche PPP », a détaillé le ministre.
Car pour le Gouvernement, une évidence s’impose : il n’y aura pas d’Inga sans secteur privé.
Gatien D. Kasongo






